Jerzy Grotowski

Le Prince Constant Jerzy Grotowski (1933- 1999) est né en Pologne. Il entre dans les années 1950 à l’école de théâtre de l’Etat, puis voyage en Russie où il rencontre les disciples de Stanislavski et en Asie centrale pour se former aux nombreuses techniques du comédien (Dullin, Artaud et le théâtre de la cruauté, Stanislavski et « les actions physiques », entraînement biomécanique de Meyerhold, techniques d’entraînement du théâtre oriental, de l’Opéra de Pékin, du Kathakali hindou, du théâtre Nô japonais).

En 1959, il devient le metteur en scène de la troupe du « Théâtre des 13 rangs ». Avec des acteurs rejetés par les grands Conservatoires de Pologne, il va expérimenter un nouvel art dramatique, essentialiste et fondé sur l’acteur, qui l’a rendu universellement célèbre. La troupe devient le Théâtre-Laboratoire.

Le théâtre de Grotowski s’impose aux yeux de beaucoup comme le terrain d’expérimentation le plus novateur et le plus riche de promesses de l’époque. Il s’agit du Théâtre Pauvre, pauvre parce que théâtre resserré à l’acteur et par opposition au théâtre riche de tout ce dont n’a pas besoin le théâtre pour exister : des autres arts (vidéos, musique, maquillage, costume, décor…). La seule chose qui fait exister le théâtre pour Grotowski, c’est l’acteur (et la relation qu’il tisse avec le public) — et c’est l’acteur qui doit se faire musique, maquillage, décor : le Théâtre Pauvre est un art total dans la mesure où l’acteur est un corps total traversé par toutes les richesses expressives du sens, au-delà du lisible et du visible.

Note de Sylvie Cleyet : À vingt ans, ma toute première approche du théâtre a été fulgurante. C’est à travers le training exigeant d’un disciple de Grotowski, Michel Chiron, que j’ai su vers quel théâtre je désirais me tourner. Celui-ci a marqué définitivement mon engagement sur la scène. D’autres disciples de Grotowski, polonais cette fois, Ludvik Flaszen et Sygmund Molik n’ont fait que conforté ma volonté d’un théâtre exigeant et sincère, où le corps et sa maîtrise s’imposent comme le premier révélateur de sens sur un plateau.

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