Tadeusz Kantor

Tadeusz Kantor (1915-1990) était considéré, depuis déjà bien longtemps, comme étant « le plus mondial des artistes polonais et le plus polonais des artistes mondiaux ». Nombreux étaient ceux qui voyaient en lui un génie alors que d’autres le prenaient pour un mystificateur. Aujourd’hui cependant, plus personne n’émet de doutes à ce sujet et cela même s’il nous est difficile d’expliquer en quoi consistait le phénomène de sa création.

Kantor était un artiste universel ou, comme il le disait lui-même, un artiste « total » et c’est pour cela qu’il serait risqué de vouloir « diviser » son œuvre en domaines spécifiques. Peintre, scénographe, poète, acteur, auteur de happenings, Kantor avait acquis sa renommée mondiale en tant qu’homme du théâtre. Toutefois,  là aussi, il était resté tout d’abord peintre, créateur qui pensait à travers les images et qui, à la place des couleurs, se servait d’acteurs et d’accessoires. Le plus grand succès de Kantor fut sans aucun doute le théâtre Cricot 2 dont les spectacles, en commençant par La Classe morte (1975), obtinrent le statut de chef-d’œuvres.

 

La Classe Morte de Tadeusz Kantor

La Classe Morte de Tadeusz Kantor

 

La formule insolite du Théâtre de la Mort consistait a créer une illustration plastique des mécanismes de la mémoire. Nous pensons et parfois nous ressentons a travers les images. Et Kantor savait le montrer sur scène. Il a créé un espace extrêmement suggestif dans lequel s’entremêlent les vivants et les morts, où jaillissent les désirs les plus honteux et les réminiscences les plus effrayantes : la guerre, l’amour et le crime, la peur, la passion et la haine. Sur les clichés délavés et déteints d’un album de photographies de famille, la biographie individuelle s’entrelace avec l’histoire, avec les mythes nationaux, et les obsessions intimes reviennent, tel un écho accablant, comme reflétées par un miroir opaque. Krystyna Czerni

 Note de Sylvie Cleyet : Mon approche du théâtre de Kantor s’est faite en deux temps. La première fois lorsque j’ai assisté aux représentations de La Classe Morte, puis de Wielopole, Wielopole. Cette expérience allait encore dans le sens de ma faim d’un théâtre poétique et transcendant, sans fioriture, dérangeant parce qu’il va droit au but et non parce qu’il cherche à provoquer. Dans un deuxième temps, je suis allée approcher à Cracovie, en 2008, l’essence même de l’imaginaire de Kantor, dans son histoire, ses archives, parmi ses comédiens et le lieu même de ses créations. Ce fut pour constater une fois de plus mon besoin impérieux de traduire mon propre univers par le corps, les images et les objets vécus comme partenaires de jeu.

 

 

 

 

 

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